Diététique : les chiffres qui font le suivi
Poids, IMC, tour de taille, circonférence du mollet, MNA, SEFI : le suivi nutritionnel se joue sur des mesures répétées, pas sur une impression.
Le suivi nutritionnel est une affaire de répétition
Une consultation diététique isolée sert à poser un diagnostic et à donner des conseils. Ce qui change vraiment la trajectoire d'un patient, c'est la série : revoir, mesurer de nouveau, ajuster. D'où une conséquence pratique : la valeur d'un dossier de diététique tient moins à la finesse de la première consultation qu'à la régularité des mesures reprises ensuite.
Dénutrition de la personne âgée, surpoids et syndrome métabolique, diabète, troubles du comportement alimentaire : les motifs diffèrent, la méthode reste la même — des chiffres, pris de la même façon, comparés dans le temps.
Les mesures qui structurent le dossier
- Poids, taille, IMC, ce dernier se calculant des deux premiers ;
- poids habituel ou de référence, et la perte de poids en pourcentage : c'est elle, et non le poids absolu, qui déclenche l'alerte de dénutrition ;
- tour de taille, pour le risque cardiométabolique ;
- circonférence du mollet et force de préhension, deux marqueurs simples de masse et de fonction musculaires ;
- apports estimés, énergétiques et protéiques, avec la méthode d'enquête utilisée — rappel des 24 heures, semainier, questionnaire de fréquence ;
- nombre de repas et niveau d'activité physique.
Deux valeurs biologiques complètent souvent le tableau, l'HbA1c et l'albuminémie. Elles ne sont pas mesurées par le diététicien : elles sont reportées depuis un bilan prescrit par le médecin, et le dossier gagne à le préciser pour éviter toute ambiguïté sur leur origine.
Les outils de dépistage
Trois questionnaires courts rendent service et se consignent comme des résultats, avec leur date :
- MNA-SF, dépistage nutritionnel de la personne âgée : un score bas signale une dénutrition ou un risque ;
- SEFI, évaluation simplifiée des ingesta : utile quand le patient ne sait pas dire ce qu'il mange ;
- SCOFF, dépistage des troubles du comportement alimentaire : deux réponses positives justifient d'aller plus loin.
Comme pour tout instrument, ce qui entre au dossier est le score et sa date de passation, pas le questionnaire lui-même.
La courbe, outil de consultation
Le poids est la mesure la plus attendue du patient, et souvent la plus décourageante : trois semaines sans variation suffisent à faire abandonner. Une courbe qui montre, à côté du poids, la baisse du tour de taille ou la remontée des apports protéiques remet la progression à sa juste place.
Le sens de l'évolution n'est d'ailleurs pas le même selon la mesure : une perte de poids est favorable chez un patient en surpoids, défavorable chez une personne âgée dénutrie. Un suivi utile tient compte de cette direction plutôt que de traiter toute baisse comme un progrès.
Trois situations, trois façons de suivre
La personne âgée dénutrie. Ici, le poids qui baisse est le signal d'alarme, et le pourcentage de perte pèse plus que la valeur absolue. Le MNA-SF donne le cadre, la circonférence du mollet et la force de préhension disent l'état musculaire, et les apports protéiques estimés orientent la conduite. Le rythme de suivi est court : quelques semaines, pas quelques mois.
Le surpoids et le syndrome métabolique. Le poids reste le chiffre attendu par le patient, mais le tour de taille et l'HbA1c reportée disent mieux le risque. Le suivi s'inscrit dans la durée, et l'enjeu principal est la persévérance : les courbes servent alors autant à soutenir la motivation qu'à ajuster le plan alimentaire.
Le trouble du comportement alimentaire. Le dépistage SCOFF ouvre une porte, pas un diagnostic. La pesée elle-même peut devenir contre-thérapeutique, et le travail se fait en lien avec un médecin et un psychologue. Ce que le dossier garde ici, ce sont surtout les habitudes, le contexte et les orientations décidées.
Ce que la diététique n'a pas à demander
Contrairement à la plupart des professions de rééducation, la consultation diététique ne requiert pas d'ordonnance. Le dossier n'en garde pas moins une place pour le prescripteur quand il y en a un — un diabétologue, un chirurgien bariatrique, un médecin traitant — parce que le retour d'information lui est dû.
En pratique
Le module paramédical de Hakim-DZ propose à la diététique ses propres rubriques, regroupées par thème — anthropométrie, apports et habitudes, biologie reportée, contexte clinique, dépistage —, les trois questionnaires MNA-SF, SEFI et SCOFF, et des courbes pour chaque mesure chiffrée, avec le sens d'évolution propre à chacune.
Voir la page Paramédical, et le cas d'usage Suivre les progrès.