Kinésithérapie : suivre la douleur et les amplitudes

EVA, amplitudes articulaires, testing musculaire, périmètre de marche : les chiffres d'un bilan de kinésithérapie ne valent que si on les compare dans le temps.

Ce qui se mesure se discute mieux

Une rééducation de l'épaule, une reprise de marche après prothèse de hanche, un suivi respiratoire : dans tous les cas, le kinésithérapeute travaille sur des grandeurs qui bougent lentement. Dix degrés d'abduction gagnés en trois semaines, deux points de douleur en moins, cinquante mètres de périmètre de marche supplémentaires. Pris isolément, aucun de ces chiffres ne dit grand-chose. Mis bout à bout, ils racontent la rééducation.

Le problème est rarement la mesure elle-même — elle se fait en séance, goniomètre ou échelle en main. Il est dans ce qu'on en garde, et dans la façon de les retrouver au moment du bilan de renouvellement.

Le bilan de kinésithérapie, rubrique par rubrique

  • Bilan articulaire : les amplitudes, articulation par articulation, en actif et en passif ;
  • testing musculaire, coté de 0 à 5 ;
  • douleur, sur l'échelle visuelle analogique, au repos et à l'effort ;
  • bilan respiratoire, quand le motif le justifie ;
  • autonomie de marche : indépendante, avec canne, avec déambulateur, fauteuil ;
  • objectifs fonctionnels : ce que le patient doit pouvoir refaire, dit avec ses mots — monter un étage, porter un cartable, reprendre le travail.

Cette dernière rubrique est celle qu'on abrège le plus souvent, et c'est dommage : c'est elle qui donne son sens aux autres. Un gain de dix degrés qui ne change rien à la vie du patient n'est pas le même résultat qu'un gain de cinq degrés qui lui rend l'habillage.

Comparer, pas seulement constater

La douleur EVA est l'exemple parfait de la mesure qui ne vaut que par comparaison. Notée 6 au bilan initial, 4 au bilan intermédiaire, 2 à la fin : la série se lit d'un coup d'œil. Le même chiffre écrit dans trois comptes rendus séparés oblige à rouvrir trois documents.

Quand les valeurs sont reprises telles quelles d'un bilan à l'autre, la courbe se construit toute seule, et elle sert autant au praticien qu'au patient : montrer la pente est souvent plus convaincant qu'un encouragement.

La série de séances, le geste courant du métier

La kinésithérapie se prescrit en séries : quinze, vingt, trente séances, deux à trois fois par semaine. Poser ces rendez-vous un par un prend du temps et expose à deux erreurs classiques : le créneau déjà occupé, et la séance placée un jour de repos.

Programmer la série d'un coup change la façon de travailler, à condition que le logiciel connaisse vos horaires, votre pause, vos jours de congé et vos périodes d'indisponibilité. Les dates impossibles sont alors écartées avant d'être créées, et l'agenda reflète la réalité du cabinet.

Le quota de l'ordonnance et la facture

Deux comptes se tiennent en parallèle : celui du quota prescrit, et celui des actes facturés. Ils ne portent pas sur la même chose — une séance annulée ne se facture pas, et une séance à domicile ne se cote pas comme une séance au cabinet (AMK, AMC) — mais ils partent du même fait : la séance a eu lieu, ou non.

Les tenir séparément, c'est se condamner à les réconcilier à la fin du mois. Les faire découler de la même saisie — présence, acte coté — supprime le rapprochement.

La note de séance, trois lignes qui valent un bilan

Entre le bilan initial et le bilan de renouvellement, il se passe vingt séances dont il ne reste souvent aucune trace écrite. Or c'est là que se joue l'essentiel : la séance où la douleur a réapparu, celle où le patient a repris les escaliers, celle qu'il a manquée et les trois suivantes aussi.

Une note de trois lignes par séance — ce qui a été travaillé, comment le patient a répondu, ce qui reste à surveiller — suffit. Elle prend moins d'une minute à écrire et elle rend le bilan de fin de série presque automatique. Sans elle, ce bilan se reconstitue de mémoire, et la mémoire arrondit toujours dans le même sens.

En pratique

Le module paramédical de Hakim-DZ suit ce déroulé : une prise en charge porte l'ordonnance et ses objectifs, les bilans successifs gardent amplitudes, testing, douleur et autonomie, et les valeurs chiffrées se tracent dans le temps. Les séances se posent en série dans l'agenda, et chaque séance réalisée alimente le quota et la facture.

Voir la page Paramédical, et le cas d'usage Planifier une série de séances.