Orthoptie : de l'ordonnance au bilan de fin de série

Acuité, vision binoculaire, motilité, strabisme, amblyopie : un dossier d'orthoptie tient en quelques mesures, à condition de les reprendre à chaque bilan.

Peu de mesures, mais qui doivent être reprises à l'identique

L'orthoptie a cette particularité de tenir sur un petit nombre de mesures. Une acuité, un examen de la vision binoculaire, une motilité, un angle de strabisme, un degré d'amblyopie. C'est peu — et c'est justement ce qui rend la rigueur indispensable : quand le dossier ne comporte que cinq lignes, une ligne mal notée fausse tout le suivi.

Le cas de l'enfant amblyope est le plus parlant. La rééducation dure des mois, l'occlusion demande une observance familiale difficile à tenir, et la décision de poursuivre ou d'arrêter repose sur la comparaison de mesures prises à plusieurs semaines d'intervalle.

Le dossier d'orthoptie

  • Acuité visuelle, œil droit et œil gauche, avec la correction portée ;
  • vision binoculaire : convergence, vergences, stéréoscopie, suppression ;
  • motilité oculaire : poursuite, saccades, limitations ;
  • strabisme : présent ou non, type, angle ;
  • amblyopie : présente ou non, profondeur, œil concerné.

Ces éléments viennent compléter, et non remplacer, l'examen de l'ophtalmologiste qui a prescrit la rééducation. La séparation des rôles doit rester lisible dans le dossier : ce que l'ophtalmologiste a constaté, ce que l'orthoptiste mesure séance après séance.

Noter les conditions, pas seulement le résultat

Une acuité de 6/10 ne veut rien dire sans ses conditions : avec ou sans correction, de loin ou de près, à quelle distance, avec quelle échelle. Deux mesures prises dans des conditions différentes ne se comparent pas, et une amélioration apparente peut n'être qu'un changement de protocole.

La règle vaut aussi pour l'observance : une rééducation qui stagne parce que l'occlusion n'a pas été portée n'est pas un échec thérapeutique. Écrire ce qui a réellement été fait à la maison évite de conclure trop vite.

Du bilan initial au bilan de fin de série

Le rythme est connu : un bilan initial, une série de séances, un bilan de fin de série qui conclut ou demande un renouvellement. Deux conditions pour que ce dernier soit facile à écrire.

La première : que les mesures du bilan initial soient retrouvables sans fouiller. La seconde : que le nombre de séances réalisées soit exact. Une ordonnance de vingt séances dont on ne sait plus si quinze ou dix-sept ont eu lieu oblige à recompter, et le recomptage se fait rarement en faveur du praticien.

Le rendez-vous, nerf du suivi

La rééducation orthoptique repose sur la régularité. Une série posée d'un coup dans l'agenda — jours fixes, même horaire — tient mieux qu'une succession de rendez-vous repris un par un en fin de séance, et permet à la famille de s'organiser. Les créneaux impossibles, jours de repos et plages déjà occupées, doivent être écartés au moment de la planification, pas découverts le jour venu.

L'amblyopie, une course contre la montre

Chez l'enfant, le traitement de l'amblyopie a une fenêtre : plus il commence tôt, meilleur est le résultat, et passé un certain âge, le gain devient marginal. Cette contrainte a une conséquence directe sur le dossier : le délai entre deux contrôles fait partie du traitement. Un enfant revu trois mois plus tard que prévu n'a pas seulement « manqué une séance », il a perdu une part du bénéfice attendu.

Deux informations méritent donc d'être notées à chaque séance : ce qui a été fait en cabinet, et ce qui a été tenu à la maison. L'occlusion portée deux heures au lieu de six n'a rien d'anecdotique ; c'est le premier facteur d'échec, et il vaut mieux le documenter que de l'attribuer à une résistance de la rééducation.

Travailler avec l'ophtalmologiste

La rééducation orthoptique se joue rarement seule : l'ophtalmologiste prescrit, corrige, opère parfois, et attend un retour. Ce retour a plus de valeur s'il est bref et chiffré — les mesures d'entrée, celles de sortie, le nombre de séances effectuées, la conclusion — que s'il est long et descriptif.

La même logique vaut dans l'autre sens : la correction optique portée, la date de la dernière réfraction et les éventuelles suites opératoires doivent figurer dans le dossier d'orthoptie. Une acuité mesurée avec une correction périmée n'est pas comparable à celle du bilan précédent.

En pratique

Dans le module paramédical de Hakim-DZ, le bilan d'orthoptie porte ses cinq rubriques, le dossier garde l'ordonnance et son quota, et les séances d'une série se posent en une fois dans l'agenda en tenant compte des horaires et des congés du praticien. Le bilan s'imprime à l'en-tête du cabinet pour l'ophtalmologiste prescripteur.

Voir la page Paramédical.