Pédicure-podologie : tracer le suivi du pied diabétique
Examen statique, examen dynamique, appui, surveillance du pied diabétique : ce qui doit rester écrit entre deux soins, et ce qui se transmet au médecin.
Des soins répétés, une mémoire qui doit suivre
La pédicure-podologie vit de gestes courts et répétés : un soin, quelques semaines plus tard un autre, et entre les deux rien d'écrit si l'on n'y prend pas garde. Tant qu'il s'agit d'un ongle incarné isolé, la perte d'information est sans conséquence. Chez un patient diabétique, elle en a.
Le diabète est fréquent en Algérie, et le pied diabétique reste l'une des principales causes d'hospitalisation évitable. Le podologue est souvent le professionnel qui voit le pied le plus régulièrement : c'est lui qui repère la zone d'hyperappui avant l'ulcération, la perte de sensibilité avant la plaie indolore.
Ce que le dossier doit garder
- Bilan podologique : état cutané et unguéal, hyperkératoses, déformations ;
- examen statique : appuis, morphologie du pied, axes ;
- examen dynamique : déroulé du pas, boiterie, usure des chaussures ;
- type d'appui : normal, pronateur, supinateur ;
- surveillance du pied diabétique : à cocher quand elle s'applique, avec le niveau de risque ;
- semelles orthopédiques : prescrites, réalisées, portées.
La dernière ligne mérite une attention particulière. Une semelle prescrite mais non portée, et la raison invoquée par le patient — inconfort, chaussures inadaptées, coût — expliquent souvent la récidive mieux que n'importe quelle hypothèse biomécanique.
Photographier n'est pas documenter
Beaucoup de praticiens prennent une photo du pied avec leur téléphone. C'est utile, mais insuffisant tant que le cliché dort dans une galerie personnelle : impossible à retrouver dans six mois, impossible à transmettre proprement, et problématique du point de vue du secret médical.
Une photo rangée dans le dossier du patient, datée, à côté de la description écrite du jour, change de statut : elle devient une pièce du suivi, comparable à celle de la visite précédente.
Le niveau de risque décide du rythme
Le suivi du pied diabétique s'organise autour d'un gradient de risque simple, admis internationalement : pas de neuropathie ni d'artériopathie ; neuropathie isolée ; neuropathie associée à une artériopathie ou à une déformation ; antécédent d'ulcération ou d'amputation. Plus le grade est élevé, plus la surveillance doit être rapprochée.
Noter ce grade dans le dossier, et non seulement « patient diabétique », change la pratique : il fixe la périodicité des soins, il justifie la prescription de semelles, et il explique au patient pourquoi on le revoit si souvent. Il donne aussi au dossier une continuité lorsque le patient est vu par un confrère en cas d'absence.
Le lien avec le médecin
La podologie se pratique souvent sans ordonnance, mais rarement en isolement. Une lésion suspecte, un signe d'artériopathie, une plaie qui ne cicatrise pas imposent un retour rapide vers le médecin traitant ou le diabétologue.
Ce retour gagne à être écrit plutôt que dit : un compte rendu court, à l'en-tête du cabinet, avec ce qui a été observé, ce qui a été fait et ce qui est demandé. Transmis par lien de lecture ou par courriel, il laisse une trace des deux côtés — et cette trace protège autant le patient que le praticien.
Suivre une série de soins
Les soins de pédicurie se programment volontiers en série : toutes les six ou huit semaines pour un patient à risque. Poser la série d'un coup, en tenant compte des jours de congé et des créneaux déjà pris, évite les rappels téléphoniques et les oublis — et l'oubli, chez un patient diabétique, coûte cher.
La cotation suit la même logique : un soin de pédicurie et la réalisation de semelles orthopédiques ne se facturent pas de la même façon, et l'acte doit être choisi au moment où la séance est marquée réalisée, pas reconstitué en fin de mois.
En pratique
Dans le module paramédical de Hakim-DZ, le bilan de pédicure-podologie porte ses rubriques propres, dont la surveillance du pied diabétique et le suivi des semelles ; les séances se posent en série dans l'agenda, chaque séance réalisée est cotée avec son acte, et le compte rendu s'imprime ou se partage avec le médecin.
Voir la page Paramédical.